Site icon Fiscalite Assurance Vie

Augmentation flat tax : quels effets sur l’assurance vie, le PEA et les autres placements financiers

Augmentation flat tax : quels effets sur l’assurance vie, le PEA et les autres placements financiers

Augmentation flat tax : quels effets sur l’assurance vie, le PEA et les autres placements financiers

Pourquoi une hausse de la flat tax fait autant parler dans le monde de l’épargne ?

La flat tax, c’est un peu la star (ou le bouc émissaire, selon de quel côté du portefeuille on se place) de la fiscalité de l’épargne depuis 2018. Simple à comprendre, facile à appliquer, elle a mis de l’ordre dans un paysage fiscal auparavant digne d’un roman de Kafka.

Forcément, quand on commence à parler d’augmentation de la flat tax, les épargnants tendent l’oreille. Assurance vie, PEA, compte-titres, SCPI, livrets… tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Certains placements seraient relativement épargnés, d’autres beaucoup plus touchés.

Dans cet article, on va regarder ensemble, de façon très concrète, ce que changerait une hausse de la flat tax sur vos principaux placements, et surtout ce que vous pouvez faire pour vous adapter plutôt que subir.

Rappel express : comment fonctionne la flat tax sur vos placements ?

Avant de parler d’augmentation, il faut bien comprendre sur quoi porte exactement cette fameuse flat tax (aussi appelée PFU, prélèvement forfaitaire unique).

Actuellement, pour simplifier, la flat tax sur les revenus de capitaux mobiliers (intérêts, dividendes, plus-values de valeurs mobilières) est de :

En pratique, elle s’applique notamment :

À côté de ça, vous avez des régimes spécifiques, plus ou moins protecteurs :

Une augmentation de la flat tax viendrait donc frapper en priorité les placements directement soumis au PFU, mais elle toucherait aussi, indirectement, certains autres produits. Regardons cela de plus près.

Assurance vie : quel impact d’une hausse de flat tax ?

L’assurance vie est un peu un “couteau suisse” fiscal. Tout dépend :

Une hausse de la flat tax n’aurait pas le même impact pour tout le monde.

Les contrats récents et/ou fortement alimentés : première ligne de front

Depuis la réforme de 2018, les gains issus de versements réalisés après le 27 septembre 2017 sont, dans de nombreux cas, taxés à la flat tax lors du rachat. En cas d’augmentation du taux, ce sont eux qui seraient le plus touchés.

Exemple simplifié :

Ce qui ferait 150 € de moins dans votre poche, pour le même retrait.

Plus vos contrats sont nourris de versements récents, plus l’impact se concentre sur vous. Et si vous êtes au-dessus de 150 000 € de primes versées (par personne), une partie de vos gains est déjà taxée au taux plein de la flat tax : une hausse frapperait encore davantage cette tranche.

Les contrats de plus de 8 ans : encore (un peu) à l’abri

La bonne nouvelle, c’est que l’assurance vie garde quelques boucliers intéressants, en particulier après 8 ans :

Autrement dit, si vous utilisez intelligemment cet abattement, vous pouvez neutraliser une bonne partie de l’effet d’une hausse de flat tax, voire totalement si vos retraits annuels restent modestes.

Dans la pratique, pour beaucoup de retraités qui piochent régulièrement mais raisonnablement dans leur assurance vie, une hausse de la flat tax aurait un impact limité, à condition de rester sous les plafonds d’abattement.

Strategie “bons vieux contrats” vs “nouveaux versements”

C’est là qu’une stratégie un peu plus fine devient intéressante :

En clair, en cas de hausse de flat tax, l’assurance vie resterait un outil très compétitif, mais la frontière entre “bons” et “moins bons” contrats se creuserait encore un peu plus.

PEA : le placement qui regarde la flat tax de loin

Le PEA (Plan d’Épargne en Actions) est un peu le cousin indépendant : il a son propre régime fiscal, qui ne repose pas directement sur la flat tax.

Son fonctionnement fiscal, vous le connaissez peut-être :

Et la flat tax, dans tout ça ? Elle ne s’applique pas au PEA. Une hausse de la flat tax ne viendrait donc pas modifier directement la fiscalité du PEA.

Cependant :

Mais en termes relatifs, si la flat tax monte sur les comptes-titres, l’assurance vie “récente” et les intérêts classiques, le PEA deviendrait encore plus attractif pour loger des actions sur le long terme. C’est un peu comme si, pendant que l’impôt se renforce sur la majorité des placements, le PEA restait dans un havre fiscal (certes avec quelques embruns sociaux).

Comptes-titres, livrets fiscalisés, SCPI : les grands exposés

Ce sont les placements qui subiraient de plein fouet une hausse de la flat tax, parfois sans possibilité de contournement.

Compte-titres ordinaire : chaque arbitrage coûte plus cher

Sur un compte-titres ordinaire, aujourd’hui, vos plus-values et dividendes sont généralement taxés à la flat tax (sauf option pour le barème progressif, intéressante pour certains profils).

Une augmentation de la flat tax aurait plusieurs effets concrets :

Pour le dire autrement, le compte-titres, déjà fiscalement moins séduisant que le PEA ou l’assurance vie, deviendrait le “bouc émissaire” principal d’une hausse de la flat tax.

Livrets bancaires imposables et comptes à terme : le rendement réel sous pression

Les intérêts de vos livrets bancaires classiques (hors Livret A, LDDS, LEP, etc.) et des comptes à terme sont soumis à la flat tax. Si elle augmente, le rendement net après impôts s’érode encore davantage.

Dans un contexte où les taux remontent, on pourrait se dire : “Ce n’est pas si grave, les intérêts sont plus élevés.” Mais si la fiscalité en profite pour croître au passage, une partie de ce gain est tout simplement confisquée.

SCPI et autres produits générant des revenus réguliers

Les SCPI logées en direct (hors assurance vie ou PEA) génèrent des revenus fonciers ou financiers imposés selon des régimes propres, parfois combinés à la flat tax pour la partie financière.

Dans certains montages (SCPI en assurance vie, par exemple), l’augmentation de la flat tax viendrait rogner la partie gains taxée au PFU. Là encore, on voit l’intérêt de réfléchir au “contenant” (enveloppe fiscale) autant qu’au “contenu” (le support lui-même).

Stratégies pour limiter l’impact d’une hausse de flat tax

On ne choisit pas la fiscalité, mais on choisit la manière dont on s’y adapte. Voici quelques leviers concrets, que je mets souvent en place avec mes anciens clients.

Arbitrer le lieu d’hébergement de vos placements

Plutôt que de vous focaliser uniquement sur le support (actions, fonds, obligations), posez-vous la question :

“Sur quelle enveloppe ai-je intérêt à loger tel type d’actif si la flat tax augmente ?”

Un même support peut être beaucoup plus ou moins fiscalisé selon l’enveloppe qui l’héberge. À fiscalité mouvante, architecture flexible.

Exploiter les abattements et les durées

Une hausse de flat tax renforcerait mécaniquement la valeur des niches résiduelles :

Autrement dit, plus la flat tax monte, plus il devient rationnel d’anticiper ses placements pour passer les fameuses “barres de durée” (5 ans, 8 ans…) qui ouvrent ces “portes fiscales”.

Lisser ses retraits plutôt que faire un gros rachat

Dans l’hypothèse d’une fiscalité plus lourde, la manière dont vous sortez votre épargne devient presque aussi importante que la manière dont vous l’avez investie.

Sur l’assurance vie par exemple, il peut être intéressant :

C’est un peu comme traverser un champ de mines : mieux vaut avancer lentement, en regardant où l’on met les pieds, que de courir tout droit.

Faut-il changer sa stratégie d’investissement si la flat tax augmente ?

Une hausse de la flat tax, réelle ou envisagée, ne doit pas vous faire oublier l’essentiel : la fiscalité n’est qu’un paramètre parmi d’autres. Important, oui. Décisif, pas toujours.

Voici quelques repères pour garder la tête froide :

Pour finir, je vous laisse avec une anecdote fréquente en rendez-vous : nombre d’épargnants que j’ai accompagnés s’inquiétaient beaucoup de “l’impôt futur” sur leurs placements, mais n’avaient jamais fait le calcul précis de ce qu’ils payaient déjà. Parfois, une simple mise à plat permet de voir qu’on dramatise un peu… ou au contraire qu’on sous-estime totalement l’impact fiscal d’un compte-titres ou d’intérêts mal logés.

Mon conseil ? Prenez une heure, sortez vos relevés d’assurance vie, de PEA, de comptes-titres, et posez noir sur blanc :

Ensuite, seulement, vous pourrez décider calmement s’il faut ajuster la voilure ou simplement garder le cap en optimisant à la marge. La fiscalité change, mais les bons réflexes d’épargnant, eux, restent remarquablement stables.

Quitter la version mobile