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Loi eckert décès : comment retrouver les contrats d’assurance vie et comptes bancaires oubliés

Loi eckert décès : comment retrouver les contrats d’assurance vie et comptes bancaires oubliés

Loi eckert décès : comment retrouver les contrats d’assurance vie et comptes bancaires oubliés

Vous avez perdu un proche et, en rangeant des papiers, vous tombez sur des relevés bancaires vieux de dix ans, des courriers d’assureurs… mais rien de clair. Et une question qui revient en boucle : « Est-ce qu’il n’avait pas une assurance vie quelque part ? »

Si cette situation vous parle, rassurez-vous : vous êtes loin d’être seul. Avant 2016, des milliards d’euros dormaient sur des comptes bancaires et contrats d’assurance vie oubliés, parfois jamais réclamés par les héritiers. C’est exactement pour remédier à cela qu’a été créée la loi Eckert.

Dans cet article, on va voir ensemble, de façon simple et pratique, comment fonctionne la loi Eckert après un décès, et surtout comment retrouver les contrats d’assurance vie et comptes bancaires oubliés. Objectif : que l’argent de votre proche ne reste pas à dormir pour rien.

La loi Eckert, c’est quoi exactement ?

La loi Eckert, entrée en vigueur le 1er janvier 2016, a un objectif simple (sur le papier) : éviter que l’argent des épargnants disparaisse dans les limbes des comptes inactifs ou des contrats d’assurance vie non réclamés.

Avant cette loi, certains contrats restaient non liquidés pendant des années, faute de recherche active des bénéficiaires. Aujourd’hui, la loi impose des obligations beaucoup plus strictes aux banques et aux assureurs.

En résumé, la loi Eckert encadre :

L’idée centrale : l’argent ne doit pas rester éternellement dans les comptes des banques ou des assureurs. Soit il est versé aux bénéficiaires, soit il est transféré à la Caisse des Dépôts, où il peut encore être réclamé pendant plusieurs années.

Quels comptes et contrats sont concernés au décès ?

Lorsqu’une personne décède, plusieurs types d’avoirs peuvent être concernés par la loi Eckert :

Au décès, ces comptes ne deviennent pas automatiquement « Eckert ». La loi intervient surtout lorsque :

En clair : la loi Eckert est une sorte de « filet de sécurité » qui se déclenche quand personne ne s’occupe de ces avoirs pendant plusieurs années.

Banques et assureurs : quelles sont leurs obligations en cas de décès ?

Autrefois, certains établissements se contentaient d’attendre gentiment que les bénéficiaires se manifestent. Désormais, ce n’est plus possible.

Les banques et assureurs doivent :

Sur l’assurance vie, c’est encore plus encadré : les assureurs sont tenus de vérifier régulièrement si leurs assurés sont toujours en vie et, en cas de décès, d’identifier et contacter les bénéficiaires.

Dans la pratique, les choses restent parfois imparfaites : adresse obsolète, bénéficiaire mal identifié (« mon concubin » sans nom, par exemple), famille en conflit… D’où l’intérêt, pour vous, d’être proactif.

Le rôle de la Caisse des Dépôts et de Ciclade

Lorsque les comptes et contrats restent inactifs trop longtemps, les sommes ne restent pas éternellement dans les livres de la banque ou de l’assureur. Elles sont transférées à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC).

Pour les particuliers, un site a été mis en place : Ciclade.fr.

Concrètement, voici le chemin typique :

Vous voyez Ciclade un peu comme une « salle des objets trouvés » géante de l’argent oublié en France. Sauf qu’au lieu de retrouver un parapluie, vous pouvez parfois y retrouver plusieurs milliers d’euros…

Comment rechercher un contrat d’assurance vie après un décès ?

Revenons à votre cas concret : vous pensez qu’il existe une assurance vie au nom du défunt, mais vous n’avez ni le numéro de contrat, ni parfois le nom de l’assureur. Que faire ?

Vous avez plusieurs outils à votre disposition.

AGIRA : le réflexe indispensable pour l’assurance vie

L’AGIRA (Association pour la Gestion des Informations sur le Risque en Assurance) est le point de départ quasi incontournable.

Sa mission : permettre à toute personne ayant un intérêt (héritiers, bénéficiaires potentiels, notaires) de savoir si une personne décédée avait souscrit un contrat d’assurance vie.

La démarche :

Attention : si vous n’êtes pas bénéficiaire désigné, l’assureur ne vous donnera pas tout le détail. En revanche, vous serez informé si un contrat existe, et le notaire, lui, disposera des informations nécessaires.

Ciclade : pour les sommes déjà transférées à la Caisse des Dépôts

Si les contrats ou comptes sont anciens et que personne ne les a réclamés, il est possible que les fonds aient été déjà transférés à la Caisse des Dépôts. Dans ce cas, passez par Ciclade.fr.

Sur le site, vous pouvez faire une recherche en ligne en renseignant :

Si des sommes sont trouvées, vous serez guidé pour télécharger les justificatifs nécessaires (acte de décès, justificatifs d’hérédité, RIB, pièce d’identité, etc.) et en demander le versement.

Point important : les sommes ne restent pas indéfiniment sur Ciclade. Passé un certain délai (en général 20 ans après le transfert, et au maximum 30 ans après le dernier mouvement sur le compte d’origine), l’argent est définitivement acquis à l’État.

Le rôle du notaire, du FICOBA et des banques

Ne négligez pas un acteur central dans la succession : le notaire.

Il dispose d’outils auxquels vous n’avez pas accès directement :

Concrètement, le notaire peut :

De votre côté, vous pouvez aussi :

Une anecdote fréquente en cabinet : on découvre l’existence d’un contrat d’assurance vie parce que le défunt avait glissé, dans un tiroir, le double d’une vieille lettre de son assureur mentionnant « rachat partiel »…

Étapes pratiques : comment vous organiser concrètement

Pour ne pas vous éparpiller, voici une stratégie simple et efficace :

Cela peut prendre un peu de temps, mais le jeu en vaut souvent la chandelle. Il n’est pas rare de retrouver plusieurs milliers, voire dizaines de milliers d’euros au terme de ces recherches.

Délais à connaître pour ne pas laisser l’argent vous filer entre les doigts

La loi Eckert encadre des délais assez stricts, notamment pour les comptes bancaires :

En pratique : plus le décès est ancien, plus il est urgent d’agir. Passé un certain temps, aucune réclamation ne sera plus possible.

Erreurs fréquentes qui font perdre de l’argent aux héritiers

Avec l’expérience, j’ai vu revenir les mêmes erreurs encore et encore. Autant vous en faire profiter pour les éviter.

Fiscalité : que se passe-t-il au moment du versement ?

Retrouver l’argent, c’est bien. Savoir comment il est taxé, c’est encore mieux.

En très résumé :

Sans rentrer ici dans tous les cas possibles, gardez en tête :

Et si vous tombez sur une situation un peu tordue (vieux contrat, primes très élevées, bénéficiaire non-parent, etc.), n’hésitez pas à vous faire accompagner. Les montants en jeu justifient souvent une expertise.

Et pour votre propre patrimoine, que faire pour éviter ce scénario à vos proches ?

Ce sujet de l’argent oublié pose aussi une autre question : comment éviter que vos propres contrats se transforment, un jour, en avoirs oubliés pour vos héritiers ?

Quelques bonnes pratiques simples :

Vos proches vous remercieront (même si ce sera trop tard pour que vous l’entendiez… mais leur sérénité, elle, sera bien réelle).

La loi Eckert a eu le mérite de mettre un coup de projecteur sur un sujet longtemps ignoré : l’argent qui disparaît, non pas parce qu’il n’existe pas, mais parce que personne ne va le chercher. Avec les bons réflexes – AGIRA, Ciclade, notaire, fouille méthodique des papiers – vous maximisez vos chances de récupérer ce qui doit revenir à la famille.

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