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Réforme plus-value immobilière 202 ce qui pourrait changer pour la vente de votre résidence secondaire

Réforme plus-value immobilière 202 ce qui pourrait changer pour la vente de votre résidence secondaire

Réforme plus-value immobilière 202 ce qui pourrait changer pour la vente de votre résidence secondaire

Pourquoi tout le monde parle d’une réforme de la plus-value immobilière ?

Si vous possédez une résidence secondaire, vous avez sans doute vu passer des rumeurs : « réforme de la plus-value immobilière en 2025 », « fin des abattements actuels », « taxation renforcée sur les résidences secondaires », etc.

À ce stade, il s’agit d’un projet de réforme régulièrement évoqué par les pouvoirs publics, sans texte définitif voté. Mais les grandes lignes qui circulent donnent déjà une bonne idée des orientations possibles : encourager la mise sur le marché de biens sous-occupés, taxer davantage la pierre « spéculative » et, dans le même temps, chercher de nouvelles recettes fiscales.

Autrement dit : votre résidence secondaire est clairement dans le viseur. D’où l’intérêt d’anticiper, de comprendre les règles actuelles et d’imaginer ce qui pourrait changer pour la vente de votre bien.

Petit rappel : comment est taxée aujourd’hui la plus-value sur une résidence secondaire ?

Commençons par le terrain connu, car on ne peut pas mesurer l’impact d’une réforme sans bien maîtriser le régime actuel.

En France, la plus-value immobilière est taxée dès lors que vous vendez un bien autre que votre résidence principale (donc résidences secondaires, logements locatifs, terrains, etc.). La mécanique est la suivante :

Ces abattements sont aujourd’hui très favorables à long terme :

En pratique, au bout de 30 ans de détention, la plus-value immobilière sur votre résidence secondaire est totalement exonérée. Avant cela, des abattements progressifs viennent réduire l’assiette imposable chaque année à partir de la 6e année.

Certains dispositifs existent également pour réduire la note dans des cas particuliers (vente après départ à la retraite sous conditions de revenus, par exemple), mais le cœur du système repose sur la durée de détention.

Pourquoi le régime actuel dérange le législateur ?

Vu du propriétaire, le système semble plutôt équilibré : si vous gardez longtemps, vous êtes récompensé ; si vous faites un « coup » rapide, vous payez. Vu de l’État, c’est moins idyllique.

Plusieurs critiques reviennent régulièrement :

Le cocktail est parfait pour justifier une réforme : besoin d’argent, volonté de fluidifier le marché, et discours politique facile autour de la « justice fiscale » entre résidence principale et résidence de loisirs.

Les grandes pistes de réforme envisagées

À l’heure où j’écris ces lignes, plusieurs pistes sont évoquées (dans des rapports, prises de position politiques, suggestions pour les lois de finances) sans qu’un schéma définitif soit adopté. Mais on voit se dessiner quelques tendances lourdes.

1. Raccourcir, modifier ou supprimer les abattements actuels

Première cible potentielle : les fameux abattements pour durée de détention. Plusieurs options sont régulièrement mises sur la table :

Concrètement, pour vous, cela signifierait que :

2. Différencier plus clairement résidence principale et résidence secondaire

Actuellement, la résidence principale bénéficie déjà d’une exonération totale de plus-value, même en cas de détention très courte. Votre résidence secondaire, elle, reste pleinement dans le champ de la taxe.

Une réforme pourrait renforcer cette différence de traitement :

On voit poindre un message politique assez clair : « Gardez pour y vivre, pas pour stocker du capital. »

3. Introduire des règles spécifiques aux zones tendues ou touristiques

Autre hypothèse : un régime de plus-value modulé en fonction de la localisation du bien. Des pistes ont déjà été évoquées pour :

Vous possédez un pied-à-terre à Biarritz ou à Annecy ? C’est typiquement le genre de profil qui pourrait être davantage ciblé par des mesures spécifiques.

4. Harmoniser la fiscalité entre immobilier et placements financiers

Depuis la mise en place de la « flat tax » (PFU à 30 %) sur les revenus financiers, la question de la cohérence globale de la fiscalité du patrimoine revient régulièrement. Un projet de réforme pourrait chercher à :

Cela permettrait au passage de comparer plus facilement l’intérêt d’un investissement immobilier vs. un placement financier (assurance-vie, PEA, compte-titres…).

Concrètement, ce que cela pourrait changer pour la vente de votre résidence secondaire

Entrons dans le vif du sujet : quelle serait l’incidence pratique, pour vous, d’un durcissement de la fiscalité des plus-values immobilières sur les résidences secondaires ?

1. Une vente « différée » pourrait coûter plus cher demain

Imaginons un scénario très courant :

Vous avez acheté une maison de campagne 150 000 € il y a 18 ans. Vous pourriez la vendre aujourd’hui 300 000 €. La plus-value brute est de 150 000 € (hors frais et travaux, pour simplifier).

Avec le régime actuel, au bout de 18 ans, vous bénéficiez déjà d’abattements non négligeables, réduisant la base imposable, donc le montant d’impôt à payer. Si demain les abattements sont revus à la baisse, la même vente, dans 2 ou 3 ans, pourrait vous coûter plusieurs milliers d’euros supplémentaires.

Autrement dit, le calendrier de vente pourrait devenir un paramètre encore plus stratégique : vendre avant la réforme, ou accepter le nouveau régime ?

2. Des arbitrages plus fréquents entre immobilier et assurance-vie

Si la fiscalité de la plus-value immobilière se durcit, il sera logique que certains propriétaires se posent la question : « Mon capital n’est-il pas mieux logé ailleurs ? »

L’assurance-vie, en particulier, présente plusieurs atouts :

On pourrait donc assister à des ventes de résidences secondaires motivées non pas par un changement de projet de vie, mais par un arbitrage patrimonial : vendre pendant que le régime est encore supportable, et réinvestir dans des enveloppes fiscalement plus lisibles.

3. Des stratégies de « sortie » à repenser

Une réforme de la plus-value pourrait également vous amener à revoir votre stratégie globale :

Dans certains cas, garder votre résidence secondaire « par habitude » pourrait devenir un réflexe coûteux.

Faut-il vendre sa résidence secondaire « avant qu’il ne soit trop tard » ?

C’est souvent la première question qui surgit lorsqu’on entend parler de réforme : « Est-ce le moment de vendre ? »

Ma réponse (désolé, elle ne tiendra pas en un « oui/non ») : cela dépend de trois éléments clés.

1. Votre horizon de vie et vos projets

Si vous envisagez sérieusement de :

alors, oui, une réforme à venir doit être un déclencheur de réflexion. Elle ne doit pas dicter seule votre décision, mais elle ajoute un enjeu de calendrier qui n’existait pas forcément il y a quelques années.

2. Votre durée de détention actuelle

Si vous détenez votre résidence secondaire depuis :

3. La part que représente cette résidence dans votre patrimoine

Si votre résidence secondaire pèse très lourd dans votre patrimoine global (30 %, 40 % ou plus), vous êtes doublement exposé :

Une diversification partielle – par exemple en vendant et en réinvestissant via assurance-vie, PEA ou immobilier papier – pourrait réduire les deux risques en même temps.

Quelques scénarios concrets pour vous aider à vous projeter

Pour rendre ces enjeux plus parlants, passons par des cas fictifs (mais très inspirés de situations réelles que j’ai souvent vues en cabinet).

Cas n°1 : La maison de famille détenue depuis 25 ans

Jean et Marie ont acheté une maison près de la mer 120 000 € dans les années 2000. Valeur actuelle estimée : 350 000 €. Ils s’en servent quelques semaines par an, les enfants viennent de moins en moins.

Régime actuel :

Dans un scénario de réforme durcissant les abattements, une vente dans 5 ans pourrait être nettement plus taxée qu’une vente dans l’année qui vient. Pour ce profil, la question n’est pas : « Vendre ou ne jamais vendre ? » mais bien : « Est-on prêts à conserver ce bien coûte que coûte, même si la fiscalité se durcit ? »

Cas n°2 : Le pied-à-terre en ville, très recherché

Claire a acheté un studio à Bordeaux pour 180 000 € il y a 10 ans, qui vaut maintenant 260 000 €. Elle l’utilise pour ses déplacements professionnels et quelques week-ends. Elle pourrait tout à fait s’en passer.

Avec une réforme ciblant les zones tendues et les résidences secondaires, elle coche toutes les cases du profil « à risque fiscal ». Dans son cas, vendre dans les deux ou trois ans, tant que le régime reste lisible, puis loger le produit dans une assurance-vie diversifiée pourrait constituer une stratégie à la fois plus souple et plus lisible fiscalement.

Cas n°3 : La maison achetée il y a 3 ans comme projet de retraite

Paul et Sophie ont acheté une maison à la campagne il y a 3 ans, avec l’idée d’y passer leur retraite dans 10 ans. Pour l’instant, c’est une résidence secondaire. Ils s’interrogent : la réforme va-t-elle les pénaliser ?

À court terme, la plus-value potentielle est limitée, la durée de détention faible, les abattements quasiment inexistants. Leur vraie stratégie pourrait être de transformer cette maison en future résidence principale au moment de la retraite. Dans ce cas, l’exonération de la résidence principale resterait (a priori) leur meilleure alliée, réforme ou pas réforme.

Comment vous préparer dès maintenant, même sans texte définitif

Inutile d’attendre que la réforme tombe pour vous organiser. Quelques réflexes peuvent déjà être mis en place.

La fiscalité de la plus-value immobilière sur les résidences secondaires va très certainement évoluer dans les années à venir. Personne ne sait encore précisément à quel rythme ni selon quelles modalités, mais tous les signaux pointent vers une moins grande générosité du système.

C’est justement dans ces périodes d’incertitude qu’il est utile de se poser, chiffres à l’appui, et de regarder votre résidence secondaire non plus seulement comme un lieu de souvenirs… mais aussi comme une ligne importante de votre bilan patrimonial

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