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Usufruit barème : comment calculer la valeur de l’usufruit et de la nue-propriété en pratique

Usufruit barème : comment calculer la valeur de l’usufruit et de la nue-propriété en pratique

Usufruit barème : comment calculer la valeur de l’usufruit et de la nue-propriété en pratique

Usufruit barème : à quoi ça sert en pratique ?

Quand on parle de démembrement de propriété (usufruit / nue-propriété), on se heurte vite à une question très terre à terre : combien ça vaut, concrètement ?

Car derrière les concepts juridiques un peu abstraits, l’administration fiscale, elle, pense en euros et en pourcentages. C’est là qu’intervient le barème fiscal de l’usufruit, prévu par l’article 669 du CGI, qui permet de fixer :

Autrement dit : c’est ce barème qui détermine ce que vos héritiers paieront au fisc… ou ne paieront pas.

Installez-vous, on va le décortiquer ensemble, avec des chiffres concrets.

Petit rappel : qu’est-ce que l’usufruit et la nue-propriété ?

Un bien immobilier, un portefeuille titres, un contrat de capitalisation… peut être « coupé » en deux :

En pratique :

Fiscalement, on ne va pas taxer la valeur de la pleine propriété, mais uniquement :

Il faut donc un outil pour ventiler la valeur du bien entre ces deux droits. Cet outil, c’est le barème de l’usufruit.

Le barème fiscal de l’usufruit viager (article 669 CGI)

Pour un usufruit viager (qui dure toute la vie de l’usufruitier), la valeur fiscale dépend de l’âge de l’usufruitier au jour de l’opération (donation, succession, etc.).

Voici le barème actuellement utilisé par l’administration :

Remarquez la logique :

Comment calculer la valeur de l’usufruit et de la nue-propriété ?

La formule est très simple :

Et bien sûr :

Ce barème est essentiellement utilisé pour :

Exemple 1 : donation d’un appartement avec réserve d’usufruit

Imaginons le cas, très classique en cabinet, d’un couple qui souhaite transmettre « progressivement » un bien immobilier aux enfants.

Madame a 65 ans, elle possède un appartement locatif d’une valeur de 300 000 €. Elle veut en donner la nue-propriété à son fils, tout en conservant l’usufruit pour percevoir les loyers.

On applique le barème :

Calcul :

Pour la donation, les droits de donation seront donc calculés uniquement sur :

Vous voyez immédiatement l’intérêt : on transmet un bien de 300 000 €, mais fiscalement, on ne « consomme » que 180 000 € d’abattements / de base taxable.

Exemple 2 : succession avec usufruit au conjoint survivant

Autre cas très fréquent : au décès d’un époux, le conjoint survivant peut choisir de recevoir :

Supposons que Monsieur décède, laissant un patrimoine de 400 000 €, un conjoint survivant âgé de 72 ans et deux enfants.

La conjointe opte pour l’usufruit de la totalité. Les enfants recevront la nue-propriété de tout le patrimoine.

Barème :

Calcul :

Les droits de succession des enfants seront liquidés sur 280 000 € (répartis entre eux, puis avec leurs abattements respectifs), et non sur 400 000 €.

Sur le terrain, cette option est souvent très intéressante pour :

Usufruit temporaire : un autre barème

Tous les usufruits ne sont pas viagers. On peut constituer un usufruit pour une durée fixe : 5 ans, 10 ans, 20 ans… On parle alors d’usufruit temporaire.

Dans ce cas, le barème ne dépend plus de l’âge, mais de la durée de l’usufruit. L’article 669 CGI prévoit :

Concrètement :

La nue-propriété est toujours égale à la différence pour faire 100 %.

Exemple : vous donnez à votre enfant la nue-propriété d’un portefeuille de 200 000 €, et vous conservez un usufruit temporaire de 15 ans pour continuer à percevoir les revenus.

Les droits de donation porteront uniquement sur les 108 000 € de nue-propriété.

Pourquoi ce barème est stratégique dans votre transmission ?

Le barème de l’usufruit n’est pas juste un détail technique pour notaire obsessionnel : c’est un levier de stratégie patrimoniale.

Il permet de :

Plus vous anticipez, plus le barème joue en votre faveur :

Exemple comparatif : donner à 55 ans ou à 75 ans ?

Supposons un bien valant 400 000 €. Un parent souhaite en donner la nue-propriété à sa fille.

Scénario A : donation à 55 ans

Valeur de la nue-propriété donnée :

Scénario B : donation à 75 ans

Valeur de la nue-propriété donnée :

Résultat :

À patrimoine identique, attendre 20 ans pour donner revient à transmettre plus cher fiscalement. Le fisc, lui, n’est pas vieillissant…

Démembrement et assurance-vie : attention aux subtilités

Sur un contrat d’assurance-vie, on n’est pas exactement dans le même univers juridique que pour un bien immobilier, mais on retrouve parfois les mêmes réflexes de praticiens :

En pratique, le barème de l’usufruit peut être utilisé :

Mais ici, la mécanique est plus délicate, car on entre dans le régime particulier de la fiscalité de l’assurance-vie (tables de mortalité, âge lors des versements, article 757 B, 990 I, etc.).

Retenez surtout ceci :

Plus-values et barème : ce qu’il ne faut pas oublier

Le barème de l’usufruit ne sert pas uniquement aux donations et successions. Il intervient aussi, indirectement, dans le calcul de certaines plus-values.

Par exemple, en cas de vente conjointe d’un bien démembré par l’usufruitier et le nu-propriétaire :

La répartition peut être faite selon :

Le barème devient alors une base de discussion (parfois de négociation) entre les co-titulaires des droits et l’administration fiscale.

Erreurs fréquentes à éviter avec le barème de l’usufruit

Sur le terrain, je croise souvent quelques pièges classiques :

La morale : le barème est un outil simple d’utilisation, mais les conséquences de son application sont rarement anodines.

Quand le barème ne suffit plus : l’importance de la stratégie globale

Le barème de l’usufruit donne une photographie fiscale à un instant T. Il répond à la question : « Combien vaut, pour le fisc, la nue-propriété que je donne ou l’usufruit que je conserve aujourd’hui ? »

En revanche, il ne répond pas à d’autres questions tout aussi importantes :

C’est là qu’intervient le travail de fond : bâtir une stratégie patrimoniale cohérente, dans laquelle le barème de l’usufruit est un outil parmi d’autres, pas une fin en soi.

Mais au moins, désormais, vous savez l’utiliser : identifier la tranche d’âge ou la durée, appliquer le pourcentage, calculer la part de l’usufruit et de la nue-propriété, et mesurer l’impact fiscal de vos décisions.

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