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Versement perp apres retraite : est-il encore intéressant d’alimenter son plan d’épargne retraite

Versement perp apres retraite : est-il encore intéressant d’alimenter son plan d’épargne retraite

Versement perp apres retraite : est-il encore intéressant d’alimenter son plan d’épargne retraite

Alimenter un ancien PERP après la retraite : bonne idée… ou fausse bonne affaire ?

Vous êtes à la retraite, vous avez un vieux PERP qui traîne au fond d’un classeur, et vous vous demandez s’il vaut encore la peine de l’alimenter ? Vous n’êtes pas le seul. Depuis l’arrivée du PER (le nouveau Plan d’Épargne Retraite), beaucoup de retraités se demandent quoi faire de leurs anciens produits.

On va voir ensemble, de façon très concrète, dans quels cas continuer à verser sur un PERP après la retraite peut encore être intéressant… et dans quels cas il vaut mieux garder votre carnet de chèques dans la poche.

Important au passage : le PERP n’est plus commercialisé, mais s’il a été ouvert avant la réforme, vous pouvez toujours l’alimenter, le gérer et en sortir selon les règles d’origine.

Petit rappel : comment fonctionne fiscalement un versement sur PERP ?

Avant de savoir si c’est intéressant d’alimenter votre PERP après la retraite, il faut rappeler la règle d’or : l’avantage du PERP, c’est la déduction fiscale à l’entrée.

En versant 1 000 € sur votre PERP, vous pouvez les déduire de votre revenu imposable, dans la limite de votre plafond retraite. L’intérêt dépend directement de votre taux marginal d’imposition (TMI).

En simplifiant :

Au moment de la retraite (ou plus tard), les sommes sont converties en rente viagère imposable comme une pension, et soumises aux prélèvements sociaux sur les pensions (CSG, CRDS, CASA, etc. selon votre situation).

En clair, avec un PERP, vous jouez sur un décalage :

La vraie question devient donc : à la retraite, est-ce toujours intéressant d’échanger un impôt “maintenant” contre un impôt “plus tard” ?

Retraite et PERP : ce qui change une fois que vous avez liquidé vos droits

Lorsque vous liquidez vos pensions (régime de base, complémentaire, etc.), vous passez dans une nouvelle phase financière : vos revenus baissent en général, et votre imposition change. C’est là que le PERP devient un peu plus subtil à manier.

Trois cas de figure classiques chez les retraités :

Dans chacun de ces cas, l’intérêt d’alimenter votre PERP n’est pas du tout le même.

Cas n°1 : vous n’êtes plus imposable (ou quasiment) à la retraite

C’est la situation la plus fréquente chez les retraités dont les revenus sont modestes ou dont le patrimoine est principalement immobilier sans gros revenus financiers.

Problème : si vous n’êtes pas imposable, vous ne profitez d’aucune économie d’impôt en alimentant votre PERP. Vous mettez de l’argent dans une enveloppe :

Autrement dit, vous prenez le risque de rendre imposables des revenus futurs (la rente) alors que vous n’avez pas bénéficié de l’intérêt majeur du PERP : la déduction à l’entrée.

Dans ce cas précis, verser après la retraite sur un PERP ressemble un peu à :

“payer pour une réduction qui n’existe pas, et se rajouter des impôts plus tard”.

Sauf situations très particulières (par exemple, anticipation d’un retour à l’imposition plus tard, succession, souhait de rente à vie coûte que coûte…), alimenter votre PERP à la retraite quand vous êtes non imposable est rarement judicieux.

Cas n°2 : vous êtes encore imposable, mais à un taux marginal faible (11 %)

Vous avez une retraite correcte, quelques revenus fonciers ou financiers, et vous restez dans la tranche à 11 %. Là, l’arbitrage devient plus intéressant à regarder de près… mais reste souvent mitigé.

En versant, disons, 5 000 € sur votre PERP :

Or, à la retraite :

La manœuvre n’est vraiment intéressante que si l’écart entre votre situation fiscale aujourd’hui et celle de demain vous est favorable. À la retraite, quand cet écart n’existe plus ou est très faible, l’intérêt se réduit comme peau de chagrin.

Dans cette configuration :

On est dans une zone grise : cela peut se défendre, mais ce n’est clairement pas l’outil miracle.

Cas n°3 : vous restez dans une tranche à 30 % ou plus même à la retraite

Vous faites partie des retraités “haut de gamme” : revenus de retraite élevés, patrimoine financier conséquent, éventuellement loyers, dividendes, etc. Votre taux marginal reste à 30 %, parfois 41 %.

Là, le PERP retrouve de l’intérêt, même après la retraite.

Exemple simplifié :

Plus tard, ces 10 000 € (et leurs gains) vous serviront une rente imposable. Mais :

Dans les faits, pour un retraité encore fortement imposé :

C’est typiquement le genre de montage que je travaillais avec des chefs d’entreprise ou des professions libérales ayant pris leur retraite, mais continuant à percevoir des revenus importants (loyers, dividendes de société, etc.). Dans ces cas-là, la déduction à 30–41 % garde un vrai sens.

PERP après la retraite : points de vigilance souvent oubliés

Avant de vous précipiter sur un nouveau versement, prenez le temps de regarder quelques éléments que l’on a tendance à négliger.

1. Le blocage des fonds

Le PERP est par nature un produit “tunnel”. Même à la retraite, alimenter votre PERP, c’est accepter :

Si vous souhaitez garder la main sur votre épargne (projet immobilier, aide aux enfants, imprévus de santé), ce manque de flexibilité est un vrai inconvénient.

2. La fiscalité à la sortie

La rente tirée du PERP est :

Autrement dit, si votre objectif est de limiter vos revenus imposables à la retraite, le PERP n’est pas forcément votre meilleur ami. Vous transformez un capital “silencieux” en rente fiscalisée.

3. Les frais du contrat

Certains PERP anciens cumulent :

Verser à nouveau sur ce type de contrat peut être une mauvaise affaire, même avec un avantage fiscal. Là où un PER individuel ou une bonne assurance-vie moderne vous offriront souvent des frais bien plus raisonnables.

4. L’impact sur votre taux de CSG et votre RFR

Les rentes de PERP augmentent votre revenu fiscal de référence (RFR). Cela peut :

Autrement dit, la rente n’impacte pas seulement votre impôt sur le revenu, mais tout un écosystème de prélèvements liés au RFR.

PERP ou PER “nouvelle génération” : faut-il transférer avant de verser ?

Un autre sujet qui revient souvent en rendez-vous : “Plutôt que d’alimenter mon vieux PERP, est-ce que je ne devrais pas le transférer vers un PER individuel récent et verser dessus ?”.

Quelques repères utiles :

Pour un retraité qui souhaite encore utiliser le levier fiscal des versements déductibles, la stratégie “je transfère mon PERP vers un PER, puis je continue à verser sur ce PER” peut avoir du sens :

Attention toutefois : un transfert n’est pas anodin. Il doit être comparé ligne par ligne (frais, options de rente, éventuelles garanties) avant de signer.

Et par rapport à une assurance-vie, où se situe l’intérêt ?

À la retraite, la question n’est pas seulement “PERP : oui ou non ?”, mais “PERP ou autres enveloppes ?”. Et l’assurance-vie est souvent l’alternative naturelle.

Atouts de l’assurance-vie à la retraite :

Atouts du PERP / PER à la retraite (si vous restez imposé fortement) :

En caricaturant :

Quelques situations concrètes où verser après la retraite peut, ou non, avoir du sens

Pour rendre tout cela plus digeste, prenons quelques cas “de vraie vie” que j’ai déjà rencontrés en cabinet.

Situation A : retraité non imposable

Dans ce cas, ne versez pas sur un PERP. Une simple assurance-vie sur fonds euros, même avec des rendements modestes, sera plus adaptée : disponible, simple, sans transformer votre épargne en rente imposable.

Situation B : couple de retraités, tranche à 11 %, bon patrimoine

Ils se demandent s’ils doivent verser 5 000 à 10 000 € par an sur leur PERP pour “faire baisser un peu les impôts”.

Dans ce cas, tout dépend :

Souvent, l’arbitrage se fait en faveur de l’assurance-vie ou d’un PER moderne plutôt que de rajouter sur un PERP peu souple. Le gain fiscal n’est pas nul, mais loin d’être révolutionnaire.

Situation C : retraité fort imposé, revenus diversifiés

Ici, une stratégie combinant :

peut s’avérer très pertinente. Dans ce contexte, continuer à alimenter un produit retraite, même après la retraite, peut avoir un vrai sens.

En pratique : comment décider si vous devez encore verser sur votre PERP ?

Pour résumer, posez-vous les questions dans cet ordre :

Le PERP a été, pendant des années, un excellent outil d’optimisation pour les actifs fortement imposés. Après la retraite, il peut encore rendre des services, mais uniquement dans des configurations bien précises, et à condition de ne pas oublier son principal défaut : il transforme votre capital d’aujourd’hui en revenus imposables de demain, souvent peu flexibles.

Si vous hésitez, prenez le temps de poser vos chiffres noir sur blanc : revenus actuels, taux marginal, besoins de liquidités, projets à moyen terme. Et n’hésitez pas à faire relire tout cela par un professionnel indépendant : un vieux PERP bien utilisé peut encore faire le job… mais un vieux PERP mal utilisé reste un très bon moyen de se compliquer la retraite.

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