Augmentation de la csg sur les retraites : conséquences sur votre pension et solutions pour compenser

Georges

Pourquoi parle-t-on d’une nouvelle hausse de CSG sur les retraites ?

Si vous avez l’impression que la CSG sur les retraites augmente tous les deux ans, rassurez-vous : ce n’est pas (que) votre mémoire qui flanche. Depuis plusieurs réformes successives, les retraités se retrouvent régulièrement en première ligne lorsqu’il s’agit de trouver des recettes supplémentaires pour l’État.

Avant de paniquer en imaginant une baisse drastique de votre pension, prenons le temps de bien comprendre ce qui se joue : qui est concerné, dans quelles proportions, et surtout, comment limiter la casse avec des solutions concrètes. Vous allez voir qu’en comprenant les mécanismes, on reprend déjà un peu la main.

Petit rappel : la CSG sur les retraites, comment ça marche ?

La CSG (Contribution Sociale Généralisée) est un prélèvement destiné à financer la protection sociale. Sur les pensions de retraite, elle s’ajoute à d’autres contributions (CRDS, CASA, etc.) et elle dépend de votre revenu fiscal de référence (RFR) et de votre situation familiale.

Il existe aujourd’hui plusieurs niveaux de prélèvements sociaux sur les retraites :

  • Exonération totale : certains retraités modestes ne paient pas de CSG sur leur pension.
  • Taux réduit : une CSG allégée pour les revenus un peu plus élevés, mais encore modestes.
  • Taux médian ou plein : pour les retraités dont le RFR dépasse certains seuils.

Le point clé : tout repose sur votre revenu fiscal de référence et le nombre de parts de votre foyer fiscal. Parfois, il suffit de franchir un seuil de quelques euros pour voir ses prélèvements augmenter de manière très tangible.

C’est exactement là que l’augmentation de la CSG (ou le changement de tranche) devient pénible : votre pension brute ne bouge pas, mais ce qui tombe sur votre compte, lui, recule.

Qui risque d’être le plus touché par la hausse de CSG ?

L’augmentation de la CSG ou le durcissement des seuils touche surtout :

  • Les retraités dont le revenu fiscal se situe juste au-dessus des seuils de changement de taux.
  • Les foyers qui ont peu de charges déductibles et ne peuvent pas facilement réduire leur RFR.
  • Les couples de retraités qui cumulent deux pensions et basculent dans une tranche supérieure.

Imaginons un couple de retraités, avec deux pensions brutes confortables mais pas extravagantes. Pendant des années, ils étaient au taux réduit. Une revalorisation de pension ici, un petit revenu foncier là, et les voilà qui passent au taux plein. Résultat : une hausse de prélèvements sociaux bien plus importante que la hausse annuelle de leur retraite.

C’est souvent à ce moment-là que je reçois des messages de lecteurs : « Georges, je gagne à peine plus, mais j’ai l’impression de toucher moins… où est le piège ? » Le « piège », c’est l’effet de seuil, combiné à la mécanique des prélèvements sociaux.

Impact concret sur votre pension : combien pouvez-vous perdre ?

Entrons dans le vif du sujet : en pratique, qu’est-ce que ça change pour votre pension nette ?

Pour simplifier, prenons un exemple pédagogique. Les chiffres exacts varient selon les taux en vigueur et les situations particulières, mais l’idée est de visualiser l’ordre de grandeur.

Supposons :

  • Une pension brute de 2 000 € par mois.
  • Vous passez d’un taux réduit à un taux plus élevé de CSG et contributions associées.

Si la hausse globale des prélèvements (CSG + CRDS + CASA) se traduit par, disons, 2 à 3 points supplémentaires sur votre pension brute, cela peut représenter :

  • Sur 2 000 € bruts : une baisse nette de l’ordre de 40 à 60 € par mois.
  • Soit 480 à 720 € par an.

Sur un budget de retraité, ce n’est pas anecdotique. C’est un plein de courses par mois, quelques sorties en moins… ou une partie de l’enveloppe cadeau pour les petits-enfants qui s’évapore.

Et si vous avez des revenus complémentaires (fonciers, revenus mobiliers), la facture peut encore grimper, car ces revenus sont eux aussi soumis aux prélèvements sociaux, même si la mécanique exacte diffère.

Attention aux effets de seuil : quelques euros de trop peuvent coûter cher

Le vrai sujet, ce n’est pas seulement « la CSG augmente », mais « à partir de quel niveau de revenu et de quelle façon ? »

L’effet de seuil, c’est ce moment très désagréable où :

  • Votre revenu fiscal de référence dépasse un seuil de quelques dizaines ou centaines d’euros.
  • Vous passez mécaniquement d’un taux de prélèvement à un autre.
  • Votre pension nette baisse plus que la hausse de vos revenus.

Pour le dire autrement, vous pouvez parfois :

  • Gagner 300 € de plus sur l’année.
  • Et perdre, en net après CSG/CRDS, 200 ou 300 € de pouvoir d’achat.

Cette absurdité apparente vient du fait que le système ne lisse pas toujours les transitions entre les taux. D’où l’importance, lorsque vous anticipez des revenus supplémentaires (vente d’un bien, rachat d’assurance vie, retrait important sur un PER, etc.), de regarder l’impact sur votre RFR, et donc, potentiellement, sur vos prélèvements sociaux des années suivantes.

Première piste : réduire (ou maîtriser) votre revenu fiscal de référence

Si la CSG dépend fortement de votre revenu fiscal de référence, la première stratégie consiste logiquement à agir sur ce revenu. Non pas en gagnant moins, mais en organisant mieux vos flux.

Voici quelques leviers concrets :

  • Éviter les gros revenus « en une fois » : par exemple, étaler une plus-value ou un rachat important d’ assurance vie sur plusieurs années pour ne pas faire exploser votre RFR d’un seul coup.
  • Utiliser intelligemment le PER : les versements sur un Plan d’Épargne Retraite (PER) sont, sous conditions, déductibles de votre revenu imposable. Même à la retraite, pour certains profils, il peut rester intéressant d’y recourir pour lisser la fiscalité.
  • Profiter des dispositifs de lissage fiscal : par exemple, le mécanisme du quotient pour les revenus exceptionnels (indemnités, primes, etc.) pour éviter un saut de tranche.

Un cas vécu : une lectrice m’avait écrit après avoir vendu un petit studio locatif. Elle avait encaissé une plus-value confortable, mais avait tout laissé transiter la même année. Résultat : RFR qui grimpe, passage au taux supérieur de CSG sur sa retraite l’année suivante, et baisse durable de sa pension nette. Avec un minimum d’anticipation, on aurait pu étaler ou optimiser cette opération.

Assurance vie : un allié précieux pour compenser la perte de pouvoir d’achat

C’est là que l’assurance vie entre en scène. Non pas comme baguette magique, mais comme outil souple pour :

  • Générer des revenus complémentaires.
  • Maîtriser le moment et le montant des rachats.
  • Limiter l’impact sur votre fiscalité et vos prélèvements sociaux.

Avec une assurance vie, vous pouvez :

  • Programmer des rachats partiels : par exemple, décider de compléter chaque mois votre pension de 100 à 300 €, en gardant un œil sur votre RFR global.
  • Adapter vos rachats à vos besoins : certaines années, vous retirez un peu plus (voyage, travaux), d’autres un peu moins.
  • Profiter d’une fiscalité adoucie après 8 ans, grâce à l’abattement annuel sur les gains (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple, sur la part des intérêts).

L’idée n’est pas d’échapper à toute fiscalité (ça, c’est dans les romans), mais de remplacer une perte de pension nette liée à l’augmentation de la CSG par un petit complément de revenus, issu d’un contrat bien structuré et bien géré.

Concrètement, si votre pension nette a baissé de 50 € par mois à cause d’une hausse de CSG, un rachat partiel programmé de 70 ou 80 € bruts par mois sur une assurance vie peut largement compenser, voire améliorer votre situation, tout en restant fiscalement très raisonnable.

Répartition du patrimoine : limiter les revenus « fiscalisés » au profit de revenus plus souples

La manière dont votre patrimoine est réparti a une influence directe sur les prélèvements sociaux et la CSG :

  • Revenus fonciers classiques : lourdement fiscalisés + prélèvements sociaux.
  • Revenus de placements bancaires (livrets, comptes à terme) : faible rendement, fiscalité parfois peu optimisée.
  • Revenus via assurance vie, PEA, PER : souvent plus souples, avec des enveloppes fiscales favorables.

Quelques pistes de réflexion :

  • Arbitrer une partie de l’immobilier locatif lourdement taxé vers des supports logés en assurance vie (fonds euros, unités de compte, SCPI via AV, etc.).
  • Utiliser le PEA pour ceux qui peuvent encore investir à long terme : les gains après 5 ans sont exonérés d’impôt sur le revenu (mais pas des prélèvements sociaux).
  • Diversifier vos sources de revenus pour ne pas dépendre uniquement de pensions et de revenus fonciers, fortement exposés à la CSG.

L’objectif n’est pas de transformer tous les retraités en traders, loin de là, mais de s’inspirer d’une logique de gestion de patrimoine : moins de revenus rigides et lourdement fiscalisés, plus de revenus modulables.

Dons, aides familiales et stratégie patrimoniale

Un autre levier souvent sous-utilisé : la transmission progressive et les dons. Non seulement ils ont un sens patrimonial et familial, mais ils peuvent aussi contribuer à maîtriser votre revenu fiscal de référence.

Par exemple :

  • Plutôt que de garder des placements produisant des revenus que vous n’utilisez pas, et qui gonflent votre RFR, vous pouvez envisager de transmettre une partie à vos enfants ou petits-enfants, via des dons de sommes d’argent dans les limites d’exonération.
  • En réduisant certains revenus superflus (par cession, donation, réorganisation patrimoniale), vous pouvez parfois rester dans une tranche de CSG plus douce, tout en aidant votre famille.

Il m’est souvent arrivé de voir des retraités « assis » sur un patrimoine produisant trop de revenus par rapport à leurs besoins réels, et subissant en plus une hausse de CSG. Une réflexion globale sur ce que vous voulez vraiment faire de ce patrimoine (vous faire plaisir, aider vos proches, sécuriser votre conjoint) permet parfois de joindre l’utile à l’agréable.

Budget et trésorerie : reprendre le contrôle, euro par euro

Face à une augmentation de CSG, beaucoup réagissent par un soupir résigné : « On n’y peut rien, c’est comme ça. » Certes, vous n’avez pas la main sur les taux, mais vous avez la main sur votre organisation financière.

Quelques gestes simples mais puissants :

  • Refaire un budget annuel en intégrant la baisse nette de pension : mieux vaut la voir clairement que la subir en douce.
  • Identifier les dépenses compressibles sans sacrifier le confort : abonnements peu utilisés, frais bancaires, assurances doublons, etc.
  • Mettre en place un « complément retraite » automatique depuis votre assurance vie ou vos placements, calibré sur la perte constatée (par exemple : -60 € nets sur la retraite, +80 € par mois depuis l’épargne).

La clé, c’est de sortir de la logique « je subis » pour entrer dans la logique « j’arbitre et je compense ». D’expérience, cette bascule psychologique compte presque autant que les chiffres eux-mêmes.

Quand consulter un professionnel (et quoi lui demander) ?

Selon la complexité de votre situation, il peut être pertinent de faire un point avec :

  • Un conseiller en gestion de patrimoine indépendant.
  • Votre conseiller bancaire (s’il a une vraie compétence patrimoniale).
  • Un expert-comptable ou un fiscaliste pour les cas plus complexes (revenus fonciers importants, sociétés, etc.).

Ce que vous pouvez utilement lui demander :

  • Une simulation de votre revenu fiscal de référence en fonction de différents scénarios (vente, rachat, dons, arbitrages).
  • Une projection de votre pension nette après prise en compte des prélèvements sociaux.
  • Une stratégie de complément de revenus via assurance vie, PER, PEA, etc., en visant un équilibre entre rendement, fiscalité et sécurité.

L’objectif n’est pas d’éviter chaque euro d’impôt ou de CSG (mission impossible), mais de éviter les mauvaises surprises : ces années où l’on découvre après coup qu’un simple choix de calendrier a coûté cher en prélèvements.

En résumé : transformer une mauvaise nouvelle en opportunité de mise à plat

Oui, l’augmentation de la CSG sur les retraites, ou le passage à un taux supérieur, est désagréable. Elle rogne un pouvoir d’achat déjà parfois sous tension. Mais c’est aussi l’occasion :

  • De mieux comprendre ce qui détermine votre pension nette.
  • De revoir la répartition de votre patrimoine entre revenus rigides et revenus souples.
  • De mettre à profit des outils comme l’assurance vie, le PER, le PEA pour créer un véritable « deuxième étage » de retraite.
  • De réfléchir à la transmission, aux dons, et à ce que vous voulez réellement faire de votre argent.

La fiscalité et les prélèvements sociaux ne deviennent jamais « sympathiques », même avec les meilleures analogies du monde. En revanche, lorsqu’on sait en jouer, on évite au moins qu’ils se transforment en mauvaises surprises à répétition.

Si vous sentez que votre pension nette a récemment baissé, ou que vous êtes proche des seuils de changement de taux, c’est le moment idéal pour prendre une feuille, un stylo… et, pourquoi pas, un café, et faire le point calmement sur votre situation. Votre future vous (et peut-être vos héritiers) vous remercieront.

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