Retraite moyenne agirc arrco : montants observés et leviers pour compléter vos revenus à long terme

Georges

Retraite moyenne Agirc-Arrco : de quels montants parle-t-on vraiment ?

Quand on discute retraite autour d’un café, il y a toujours ce moment gênant où quelqu’un lâche : « De toute façon, on ne saura jamais combien on touchera… ». C’est faux. On ne peut pas prévoir au centime près, mais on peut avoir des ordres de grandeur très utiles pour s’organiser.

Cet article va justement vous aider à :

  • comprendre à combien s’élève en moyenne une retraite complémentaire Agirc-Arrco ;
  • situer votre future pension par rapport à ces montants ;
  • identifier les bons leviers pour compléter vos revenus à long terme (dont l’assurance vie, évidemment).

On va parler chiffres, mais sans jargon inutile. L’idée n’est pas de vous faire peur, mais de vous donner les clés pour garder la main sur votre avenir financier.

Rappel express : à quoi sert l’Agirc-Arrco dans votre retraite ?

Pour la plupart des salariés du privé, votre retraite est un « combo » à deux étages :

  • la retraite de base (Sécurité sociale, gérée par la Cnav ou la Carsat) ;
  • la retraite complémentaire Agirc-Arrco, qui s’ajoute à la retraite de base.

L’Agirc-Arrco fonctionne par points : chaque année, vous cotisez, ces cotisations sont transformées en points. Le jour où vous partez à la retraite, on fait :

Nombre total de points Agirc-Arrco x Valeur du point = Montant annuel brut de votre retraite complémentaire.

En 2024, la valeur du point Agirc-Arrco tourne autour de 1,35 € (brut annuel, par point). Elle est revalorisée régulièrement, ce qui permet de suivre – en partie – l’inflation.

Dit autrement : votre carrière salariale, la durée de vos cotisations et vos périodes à temps partiel ou non ont un impact direct sur la taille de ce « coussin complémentaire ».

Retraite moyenne Agirc-Arrco : les ordres de grandeur observés

Passons aux chiffres, ceux qui intéressent tout le monde.

Les statistiques publiques de l’Agirc-Arrco montrent que, pour les retraités actuels :

  • la pension moyenne Agirc-Arrco (hors réversion) tourne autour de 400 à 500 € brut par mois ;
  • cela représente souvent 30 à 50 % de la retraite totale d’un salarié du privé ;
  • pour les cadres, la part de l’Agirc-Arrco peut être nettement plus importante, parfois plus de la moitié de la retraite globale.

Attention, il s’agit de moyennes. En pratique, on observe de très forts écarts :

  • un salarié ayant enchaîné des emplois à temps plein, sur une longue carrière, peut dépassser largement les 700–800 € brut/mois de complémentaire ;
  • à l’inverse, des carrières hachées, des périodes de chômage ou de longues périodes à temps partiel peuvent ramener la pension complémentaire sous les 300 € brut/mois.

Concrètement, quand j’échange avec des lecteurs qui partent à la retraite, je vois souvent des situations de ce type (ordre de grandeur) :

  • Employé non cadre, carrière complète, salaire moyen 1 800 € net :
    → retraite de base : ~1 000–1 100 € brut
    → Agirc-Arrco : ~350–450 € brut
    → Total : 1 350–1 550 € brut.
  • Cadre, carrière complète, salaire moyen 3 500 € net :
    → retraite de base : ~1 600–1 800 € brut
    → Agirc-Arrco : ~900–1 300 € brut
    → Total : 2 500–3 000 € brut.

On comprend rapidement le problème : le revenu de retraite est souvent nettement inférieur au dernier salaire. Et c’est particulièrement sensible pour les cadres, qui perdent une grosse part de leur rémunération sous forme de retraite complémentaire plafonnée.

Pourquoi les moyennes Agirc-Arrco ne suffisent pas pour planifier votre retraite

Les chiffres moyens donnent une boussole, mais ils ne racontent pas votre histoire. Votre future pension Agirc-Arrco dépend de :

  • la durée de votre carrière ;
  • votre niveau de salaire tout au long de la vie active (et pas uniquement les 5 dernières années) ;
  • vos périodes de temps partiel, chômage, maladie ;
  • votre âge de départ (avec ou sans décote, et avec le système de bonus/malus temporaire).

Un exemple très courant : deux personnes avec le même salaire actuel de 3 000 € net peuvent avoir des pensions Agirc-Arrco très différentes si :

  • l’une a commencé à 22 ans, en CDI plein temps, sans interruption ;
  • l’autre a commencé à 30 ans, avec 8 ans de petits boulots et périodes de chômage, puis plusieurs années à temps partiel.

Les deux voient le même chiffre sur leur fiche de paie aujourd’hui… mais leurs points Agirc-Arrco cumulés n’ont rien à voir.

D’où un conseil simple : n’attendez pas 64 ans pour aller voir vos estimations. Connectez-vous à votre espace personnel sur le site de l’Agirc-Arrco ou sur info-retraite.fr, et regardez :

  • le nombre de points déjà acquis ;
  • les estimations de pension à différents âges de départ ;
  • les périodes manquantes ou mal prises en compte.

C’est souvent à ce moment-là que certains de mes lecteurs me disent : « Je pensais que ça ferait plus… ». Et c’est précisément là que la question des leviers pour compléter ses revenus devient centrale.

De combien aurez-vous réellement besoin à la retraite ?

Avant de parler de solutions, il faut savoir ce que vous visez. La bonne question n’est pas « Combien vais-je toucher ? » mais « De combien ai-je besoin pour bien vivre ? ».

Quelques repères utiles :

  • On considère souvent qu’un niveau de vie « confortable » à la retraite se situe entre 60 et 80 % du dernier revenu net (tout dépend de vos charges, notamment logement et crédits) ;
  • Si vous êtes propriétaire de votre résidence principale, vos besoins sont souvent moins élevés que si vous payez un loyer important ;
  • Les dépenses évoluent : moins de frais de transport domicile-travail, mais parfois plus de frais de santé, et… plus de temps pour dépenser (voyages, loisirs, petits-enfants).

Un petit exercice simple, que je recommande souvent :

  • prenez votre budget actuel mensuel ;
  • retirez les dépenses liées au travail (transport, restauration rapide du midi, garde d’enfants…),
  • ajoutez des postes réalistes (voyages, loisirs, petits travaux, aides aux enfants).

Vous obtiendrez un montant cible. Comparez ensuite ce montant à :

  • vos estimations de retraite de base ;
  • vos estimations Agirc-Arrco ;
  • vos autres revenus prévisibles (immobilier locatif, dividendes, etc.).

L’écart entre vos besoins et vos droits prévisibles, c’est précisément la partie qu’il faudra combler par de l’épargne longue et des placements adaptés.

Pourquoi compter uniquement sur l’Agirc-Arrco est risqué

Il ne s’agit pas de dramatiser, mais d’être lucide. Plusieurs tendances jouent contre l’idée de « ne compter que sur les régimes obligatoires » :

  • le vieillissement de la population et l’allongement de l’espérance de vie augmentent la durée de versement des pensions ;
  • les réformes successives jouent sur l’âge de départ, le taux plein, la durée de cotisation, etc. ;
  • le système Agirc-Arrco a déjà introduit des coefficients temporaires de minoration/majoration selon l’âge de départ.

En clair, même si l’Agirc-Arrco reste un pilier solide de la retraite des salariés, il devient de moins en moins prudent de se dire : « On verra bien, ça ira ».

La bonne approche, c’est de considérer votre future retraite Agirc-Arrco comme une base durable mais incomplète, qu’il faut préparer et compléter par d’autres leviers.

Les grands leviers pour compléter vos revenus à long terme

Venons-en au cœur du sujet : comment compléter intelligemment votre futur Agirc-Arrco ? Plusieurs pistes se combinent, en fonction de votre âge, de votre situation et de votre appétence au risque.

L’assurance vie : le couteau suisse de vos revenus futurs

Sur un blog sur la fiscalité de l’assurance vie, je serais un bien mauvais hôte si je n’en parlais pas sérieusement. L’assurance vie est l’un des outils les plus souples pour préparer un complément de revenus.

Ses atouts principaux :

  • Souplesse de versement : vous alimentez le contrat à votre rythme (versements libres, programmés, primes exceptionnelles) ;
  • Fiscalité avantageuse à long terme : après 8 ans, vos retraits bénéficient d’un abattement annuel sur les gains (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple), puis d’une fiscalité adoucie ;
  • Choix des supports : fonds euros (sécurité), unités de compte (potentiel de rendement supérieur, en contrepartie de risques) ;
  • Transmission optimisée en cas de décès (hors succession, dans certaines limites).

Pour générer un complément de revenu, deux grands schémas sont possibles :

  • préparer un capital que vous puiserez progressivement via des rachats partiels programmés ;
  • mettre en place, au moment de la retraite, une rente viagère (solution plus définitive, mais sécurisante à vie).

Exemple simplifié : vous épargnez 300 € par mois pendant 25 ans, avec un rendement moyen de 3,5 % net de frais. Vous pouvez viser à l’arrivée un capital de l’ordre de 150 000 € (ordre de grandeur, à affiner selon vos paramètres).

Avec ce capital, vous pourriez par exemple :

  • programmer des retraits de 600–700 € brut par mois pendant 25 ans, en préservant une partie du capital selon l’évolution des marchés ;
  • ou convertir tout ou partie en rente viagère, qui viendrait compléter chaque mois votre Agirc-Arrco.

L’avantage clé : vous ne dépendez plus uniquement de vos points de retraite. Vous « fabriquez » votre propre complément de revenu, avec une fiscalité potentiellement plus douce que celle de la pension.

Le PER (Plan d’Épargne Retraite) : l’autre pilier fiscalement intéressant

Depuis la réforme de l’épargne retraite, le PER individuel est devenu un outil majeur pour ceux qui veulent optimiser à la fois impôt et retraite.

Ses points forts :

  • vos versements peuvent être déduits de votre revenu imposable (dans certaines limites) ;
  • les sommes sont en principe bloquées jusqu’à la retraite (ce qui est une contrainte, mais aussi une protection pour les plus dépensiers d’entre nous) ;
  • à la sortie, vous pouvez opter pour :
    • une rente viagère ;
    • un capital en une ou plusieurs fois ;
    • ou un mélange des deux.

Le PER est particulièrement intéressant si :

  • vous êtes fortement imposé pendant votre vie active ;
  • et vous anticipez d’être moins imposé à la retraite.

Il fonctionne alors comme un « ascenseur fiscal » : économie d’impôt à l’entrée, imposition souvent plus douce à la sortie. En complément de l’assurance vie, il permet de diversifier vos enveloppes fiscales pour générer des revenus futurs.

L’immobilier locatif : un revenu régulier… à bien préparer

Autre pilier classique pour compléter une retraite Agirc-Arrco : l’immobilier locatif. L’idée est simple : utiliser votre capacité d’endettement pendant la vie active, pour avoir un bien (ou plusieurs) quasiment payé le jour où vous partez à la retraite.

À la retraite, les loyers nets deviennent alors un revenu complémentaire, qui peut représenter plusieurs centaines d’euros par mois si l’opération a été bien montée.

Attention toutefois à ne pas idéaliser :

  • il faut intégrer les charges, travaux, vacance locative, taxation (revenus fonciers, voire CSG-CRDS) ;
  • la gestion locative peut être chronophage, surtout si vous multipliez les biens ;
  • la fiscalité peut être lourde si vous ne profitez pas des bons dispositifs (LMNP, déficit foncier, etc.).

L’immobilier peut être un excellent complément à votre Agirc-Arrco, mais il ne remplace pas l’intérêt d’une épargne financière flexible (assurance vie, PER) que vous pouvez mobiliser plus librement.

Les placements financiers classiques : Livret A, PEA, etc.

Pour compléter le dispositif, vous pouvez évidemment utiliser :

  • les livrets réglementés (Livret A, LDDS…) pour la trésorerie et la sécurité à court terme ;
  • un PEA (Plan d’Épargne en Actions) pour investir en Bourse avec une fiscalité avantageuse au bout de 5 ans ;
  • des comptes-titres pour plus de flexibilité, si vous êtes à l’aise avec le risque actions/obligations.

Le PEA et les unités de compte en assurance vie peuvent constituer le « moteur de croissance » de votre patrimoine, à condition de :

  • diversifier correctement (pas tout sur une seule action à la mode) ;
  • adopter une vision long terme ;
  • éviter les arbitrages émotionnels à chaque secousse de marché.

L’objectif n’est pas de devenir trader à temps partiel, mais d’accepter une dose mesurée de volatilité en échange d’un potentiel de rendement supérieur à l’inflation, ce qui est crucial pour des horizons de 15, 20 ou 25 ans.

Comment articuler Agirc-Arrco et épargne longue : une stratégie par grandes étapes

Tout l’enjeu est d’articuler harmonieusement votre retraite Agirc-Arrco (subie, en quelque sorte) et vos choix d’épargne (subis beaucoup moins). Voici une approche que je vois fonctionner chez beaucoup de lecteurs.

Entre 30 et 45 ans :

  • se constituer une épargne de précaution (livrets) ;
  • ouvrir tôt une assurance vie, même avec de petits versements ;
  • éventuellement démarrer un projet immobilier (résidence principale ou locatif raisonné).

Entre 45 et 55 ans :

  • augmenter progressivement les versements programmés sur l’assurance vie ;
  • envisager l’ouverture d’un PER si la fiscalité devient lourde ;
  • faire un premier bilan prévisionnel de retraite (droits de base + Agirc-Arrco).

Entre 55 et 65 ans :

  • faire des simulations d’âge de départ (impact sur Agirc-Arrco) ;
  • affiner la répartition de votre patrimoine entre sécurité et rendement ;
  • préparer une stratégie de retrait de vos contrats (assurance vie, PER) pour compléter vos pensions.

Cette vision par étapes permet de ne pas tout faire dans l’urgence à 63 ans, en découvrant au dernier moment que votre Agirc-Arrco ne suffira pas à maintenir votre niveau de vie.

À retenir pour organiser vos revenus de retraite

Pour finir, quelques idées clés à garder en tête pour ne pas subir votre retraite :

  • La retraite moyenne Agirc-Arrco tourne autour de 400–500 € brut/mois, mais votre situation peut être très différente selon votre carrière.
  • Votre niveau de vie futur dépendra de l’écart entre :
    • vos besoins budgétaires réels ;
    • vos pensions de base + Agirc-Arrco ;
    • et vos revenus de patrimoine (épargne, immobilier, etc.).
  • Ne pas anticiper, c’est prendre le risque de découvrir trop tard un « trou » de plusieurs centaines d’euros par mois.
  • L’assurance vie est un outil central : souple, fiscalement intéressant à long terme, et parfaitement adapté pour générer un complément de revenu via des rachats programmés ou une rente.
  • Le PER, l’immobilier locatif, le PEA et les autres placements financiers peuvent se combiner pour diversifier vos sources de revenus, au-delà de vos seuls points Agirc-Arrco.
  • Plus vous commencez tôt, moins l’effort mensuel est important pour un même objectif de revenu futur.

En résumé, l’Agirc-Arrco est une pièce maîtresse de votre retraite, mais ce n’est qu’une pièce du puzzle. La bonne nouvelle, c’est que vous avez une large palette d’outils pour compléter le tableau, en particulier via l’assurance vie et l’épargne longue. Le plus difficile, finalement, ce n’est pas de comprendre les mécanismes, c’est de passer à l’action… tant que vous avez encore du temps devant vous.

A Lire Absolument